Dans le 20e arrondissement, tout en haut de la rue des Pyrénées, Le Mistral ne cherche pas à séduire au premier regard. Ouvert en 1954, cet ancien repaire de bougnats a conservé une allure brute qui pourrait détourner les regards pressés. Pourtant, derrière cette façade sans artifice se cache un bistrot parisien comme il en reste peu : un lieu habité, vivant, profondément ancré dans ce quartier qui a bien changé.
Le premier contact se fait au comptoir, au milieu des habitués. Discussions animées, verres qui s’entrechoquent, silhouettes familières... Le Mistral cultive une atmosphère de café de quartier dans ce qu’elle a de plus authentique. Puis, en avançant, le lieu se dévoile peu à peu. Plusieurs salles s’enchaînent en longueur, jusqu’à une courette insoupçonnée, nichée à l’arrière, accessible après quelques marches. Une petite terrasse inattendue et presque secrète, loin de l’agitation de la rue.
Malgré le changement de propriétaires, le décor n’a pas cédé aux sirènes du relooking. Les nouveaux patrons ont fait le choix judicieux de préserver l’existant. Banquettes vert bouteille, peintures murales réalisées en 1983 sur de véritables toiles, dans la tradition bougnate, l’ensemble évoque un Paris populaire où se croisent l'ancienne et la nouvelle génération, entre verres de blanc et diffusions animées de matchs de rugby.
La cave justement, l'autre passion du patron avec le ballon ovale, prolonge cette générosité. Près de 120 références de vins vivants et nature composent une sélection en mouvement constant, avec la particularité appréciable que toutes les bouteilles sont disponibles à emporter à prix caviste.
La cuisine suit une ligne classique, française et entièrement faite-maison, avec une carte qui évolue au fil des saisons mais qui reste solidement ancrée dans les fondamentaux - pâté en croûte, soupe à l’oignon, foie gras, croque-monsieur, bœuf bourguignon, ou encore confit de canard maîtrisé (19€), escorté de pommes grenaille dorées.
Mais les recettes régionales s’invitent également à table, rappelant les racines aveyronnaises et auvergnates du lieu. Saucisse-aligot (19€), pounti (8€) et pot-au-feu croustillant témoignent d’un attachement à une cuisine de terroir, franche et réconfortante. En dessert, le baba au rhum (10€) s’impose, généreusement arrosé à table.
Fidèle à l’esprit des anciens bistrots, Le Mistral propose, au déjeuner, un plat unique hebdomadaire à 9,50€, boisson comprise. Une langue de bœuf sauce gribiche, des coquillettes jambon-fromage ou des endives au jambon peuvent ainsi s’inviter à l’ardoise, dans une volonté claire de rester accessible et populaire.
Une autre formule plus complète, à prix tout aussi doux, permet de composer un repas entrée/plat ou plat/dessert (19,50€), voire entrée/plat/dessert (24,50€), toujours accompagné d’un verre. Lors de notre passage, un excellent oeuf mollet et crème de cantal, suivi d'une aile de raie aux câpres absolument massive, et d'un cake citron glazed particulièrement soigné.
Ouvert en continu de 7h à 1h30, Le Mistral accompagne toutes les heures de la journée, du petit-déjeuner dès l'aube - version parisien (8,50€), continental (12€) ou très gourmand (18€) - aux verres en fin d’après-midi et aux dîners qui s’étirent.
Ce test a été réalisé dans le cadre d’une invitation professionnelle. Si votre expérience diffère de la nôtre, merci de le signaler.
Lieu
Le Mistral
401, Rue des Pyrénées
75020 Paris 20
Site officiel
www.lemistralbelleville.fr































