Si les brasseries parisiennes séculaires sont des endroits appréciés par les touristes pour leur decorum, leur atmosphère d'un autre temps et leurs grands classiques français à la carte, ces adresses mythiques pâtissent souvent d'un service expéditif, peu souriant voire franchement désagréable pour certaines.
Heureusement, il est de ces endroits qui tordent le cou aux aprioris et c'est le cas du Berkeley nouvelle bouture, repris depuis peu par une jeune équipe menée par Paul Bouillin-Tardy et Baptiste Masson, la tête sur les épaules et le sourire aux coins des lèvres. Voilà plus de 100 ans que cette institution s'est installée sur l'avenue Matignon, à deux pas des jardins des Champs-Elysées.
Bénéficiant de cet emplacement de choix, l'adresse s'est imposée, depuis 1920, comme un repaire chic de la haute société parisienne, des politiques, des touristes fortunés et des artistes en sortie de scène des théâtres alentours. Lieu de rendez-vous du Tout-Paris du siècle dernier, cette adresse confidentielle a vu passer Dali, Bardot, Mitterrand, Visconti et entend bien renaître de ses cendres, aujourd'hui.
Le décor, repensé mais respecté, évoque la grande tradition des brasseries parisiennes, mêlant élégance feutrée et raffinement à la française. Confortables fauteuils en velours carmin, piano à queue pour un diner jazzy, nappes blanches et argenterie d'un côté et de l'autre des assiettes chinées... Tout ici respire l'ancien Paris.
Sur sa grande terrasse qui compte parmi les plus ensoleillées du Triangle d'Or, face au verdoyant square Marigny, la carte du chef Lucas Rangel Da Cunha se découvre. Respectant à la lettre le passé de l'adresse, le chef propose une cuisine bourgeoise qui plait autant aux touristes de passage venus découvrir les plaisirs de la gastronomie française à toute heure de la journée (escargots, excellent foie gras mi-cuit maison, 34€ ; chair de tourteau au poivre rouge de Pondichéry, 29€) qu'aux cols blancs du quartier.
Les sauces et jus aussi ont leur mot à dire, soulignant la puissance d'un carré d'agneau en croûte d'herbes (44€) ou d'un foie de veau (36€) saisi comme il faut, servi rosé dedans, rôti dehors et déglacé au vinaigre de Xérès. Comme souvent dans ce genre d'adresses, les accompagnements sont à choisir à part (12€ la purée et les haricots verts frais, bien beurrés).
A deux, trois ou quatre convives, gardez de la place pour le dessert et en particulier la pavlova (en ce moment aux fruits rouges, très prochainement aux fruits exotiques, saisonnalité oblige). De taille XXL (38€), elle arrive sur table dans son plat en argent, généreuse, bigarrée, aérienne, et régale avec son alternance de couches meringuées, glacées et crémées !
Ce test a été réalisé dans le cadre d’une invitation professionnelle. Si votre expérience diffère de la nôtre, merci de le signaler.
Lieu
Le Berkeley
7, Avenue Matignon
75008 Paris 8
Site officiel
www.leberkeley.com



























